Le Moulin de Gouaix, chambre d'hôte en seine et marne

L’Histoire du Moulin

La construction de ce moulin semble remonter  » à la plus haute antiquité  » si l’on se réfère aux attendus d’un jugement du 18 Mai 1837 rendu à la suite d’un différent opposant Mr Pierre REGNAULT fils, propriétaire du moulin de Jutigny, à Mme Veuve DENEUFCHATEL, locataire du moulin de Gouaix. Il aurait été construit à l’emplacement d’un ancien gué qui permettait de traverser à pieds la Voulzie. Des vestiges de l’époque gallo-romaine (poteries, pièces de monnaie en bronze, objets ménagers en bronze, etc …) ont en effet été retrouvés dans le lit de la rivière en 1925, au cours de travaux effectués à l’emplacement de l’ancienne roue à aubes.

Reconstruit en 1838 par PERROTY, maçon à GOUAIX, le bâtiment situé  » hameau de Jutigny, commune de Paroy  » contient  » deux tournants, virons, travaillants et les objets et ustensiles nécessaires au nettoyage, deux paires de meules et les bluteries  » ainsi que deux cuisines, un four, deux cabinets et deux chambres.

Des travaux de modernisation sont entrepris à la fin du siècle pour répondre au besoin croissant des demandes. Durant l’année 1880, au midi de ce bâtiment est construite la maison d’habitation actuelle .C’est alors que l’outillage du moulin est porté à quatre paires de meules.

Vers 1910, les meules sont remplacées par des appareils à cylindres et c’est en 1925 que la roue à aube disparaît pour être remplacée par deux turbines hydrauliques » Hercule  » d’une force de 27 chevaux chacune.
En 1930, tout le matériel de fabrication est remplacé par une installation moderne entièrement automatique. Le magasin au-dessus des vannages est construit en 1938.
Enfin en 1960, le contingent est vendu et le moulin à blé cesse complètement son activité.

Les bâtiments seront encore utilisés jusqu’en 1963 comme usine d’aliments pour le bétail et depuis 1964 ils sont totalement désaffectés. Tout le matériel a été démonté et mis à la casse en 1967.

 

Découvrons le trajet d’un grain de blé pour devenir « farine »

Le Moulin s’est agrandi au fil des siècles. Les derniers grands travaux (notamment la toiture) datent du XIXème siècle.

A cette époque, le trajet d’un grain de blé pour devenir « farine » était le suivant :

La cargaison de blé arrivait par camion. Ceux-ci s’arrêtaient devant une porte-fenêtre (actuellement la porte-fenêtre donnant directement dans la chambre du « Martin-pêcheur »).
A cet endroit une pièce avait été construite et réhaussée à un mètre de hauteur de manière à arriver à l’arrière du camion. La cargaison de blé était vidée dans une grande trémis. Des chaines à godets (dont vous trouverez des exemplaires dans le salon de la Suite de la « Voulzie ») permettaient de remonter le grain jusqu’au dernier étage (vous découvrirez au dernier étage l’emplacement des « têtes d’élévateurs »).

Ensuite, par gravité, les grains de blé retombaient et étaient stockés au deuxième étage dans un « silo à blé sale ». Les trois silos subsistent encore mais un seul est visible actuellement (vous verrez ces trois silos au deuxième étage du Moulin, dans le couloir menant à la quatrième chambre d’hôtes (actuellement en travaux)).

Les grains de blé étaient ensuite descendus au premier étage dans une grande « laveuse » (là où se trouve actuellement la cuisine servant à la préparation du petit-déjeuner). L’eau de la rivière (qui à l’époque était TRES propre) était utilisée pour laver les grains de blé.

Une fois lavés les grains de blé, ayant gonflé avec l’eau, étaient montés (à l’aide des chaines à godets) puis stockés dans un « silo à blé propre » pendant 24 heures afin qu’ils sèchent.

Ils étaient ensuite redescendus au premier étage afin d’être moulu. A une première époque par des meules (2 grosses et 4 plus petites), puis lors de la mécanisation du bâtiment dans les années 1870, par des « appareils à cylindres ». Ces appareils étaient composés de cylindre en fer qui roulaient l’un sur l’autre pour moudre les grains de blé (vous découvrirez des photos dans la chambre du « Meunier »).

La farine était alors remontée au troisième étage où se trouvaient les tamis. Il existait 3 paires de tamis qui étaient allignés. La farine passée de tamis en tamis par des « vis sans fin » pour être tamisée de plus en plus fin (vous les verrez accrochées au plafond de la chambre du « Meunier » et du salon de la Suite de la « Voulzie »). Vous pourrez demander à voir les différentes grosseurs de tamis que j’ai pu conserver.

Et pour terminer, la farine était stockée dans les deux gros silos à farine qui se trouvent dans le bâtiment de droite. Ces silos en bois avec leur embout en fer sont sur trois étages : allant du salon-bibliothèque jusqu’à la toiture.

On sanglait des sacs de 100 kg autour de l’embout, puis on jaugeait la quantité à l’aide du pommeau. Ensuite on tapait le sac contre la partie en bois afin de bien tasser la farine au fond. Puis le sac était pesé sur la balance à sac (se trouvant dans le salon près de la fenêtre) et entreposait dans le magasin (situé à côté du salon et au-dessus du vannage) pour ensuite être renvoyé vers les différentes boulangeries.